coucher de soleil, clôture, corse, ombre, lumière

HORIZON FUNÈBRE

Aux disparitions qui ne doivent rien à la magie.

 

 

Entre éther et Terre,
Là où le Ciel attend
De réciter son horizon funèbre
L’ultime seconde,
Astérisque au bas de la vie
Fait vaciller
Des milliers de mondes.
Ce moment interrupteur
Sur lequel le temps
Trop ponctuel
Pose un doigt
Mettant à l’Index,
En un souffle rendu,
Des instants par centaines
Investis à le tuer ;
Le dernier mot est à lui,
Terme à point nommé
Œil pour œil,
Temps pour temps.
Conjonction des énergies,
Extrême injection étale
Prières restées poste restante
Vouloir plus que tout,
Obtenir moins que rien
Mains liées,
Perfusion d’envie de vivre
Sourires déliés,
Pansement paradoxal
Sur des amours hémophiles,
Autant de fils fragiles
Auxquels peu de choses tiennent
Sinon les battements d’un cœur
Devenu funambule.
Ingénuflexion du mental
Condamné à la peine de mort
À la perpétuité de la perte
Traversée du désert
Désertion du désir
Excepté celui d’éteindre
L’obscurité des nuits
Que chaque songe
Rêve américaines.
De retour d’un premier dernier voyage
À travers l’Empire du soleil couchant
Réciprocité des empreintes
Laissées sur les sentiers
De l’autre versant de la Vie,
À jamais marquée
Par mes souvenirs du futur.

 

© Marianne Boyer